Tout va bien quand on a du
« spling ». Tout va pas mal moins bien lorsque notre « spling »
est en panne et qu’il n’y a plus de vent dans les voiles. Les doutes, les
peurs, l’absence de motivation, un sourire tiède et un regard perdu
s’installent. Pour moi, la vie sans « spling », c’est une vie que je
qualifierais d’ennuyante et d’errante.
Il y a un mois et demi, j’ai perdu mon
‘« spling »... perdu le goût d’écrire mon blogue qui me tient tant à
cœur, perdu le croustillant d’aider les animaux, perdu mon sourire. En fait, je
ne me sentais plus vraiment utile et ne savais plus quelle route j’étais rendue.
Pourquoi ? Parce qu’après avoir passé 2 ans à travailler sur un projet pour les
animaux, après avoir passé à un cheveu de voir se projet se réaliser qui me
tient tant à coeur, ce dit projet était encore remis en question.
Vous me direz, y’a rien là! Oui, je le
sais. Je le sais très bien. Ma tête le sait. Mais mon cœur lui… Le problème,
c’est que ça m’a fait perdre mon élan,
mon« spling ». Mais surtout perdu ma confiance en qui je suis puisque
je l’ai vécu comme un rejet, un genre d’échec et ça, c’est pas toujours facile à ‘’gérer’’.
Ça vous dit quelque chose, ce genre de
situation? On appelle ça aussi une très grande
déception .C’est un peu comme une peine d’amour. On est triste. On essaie de se
raisonner, de se parler, de remonter sur son bicycle. Mais il retombe tout le
temps.
Pendant un mois, mon bicycle est retombé. Perdu
le « spling ».
Pendant ce mois sans « spling », j’ai écrit 3
articles pour mon blogue que je n’ai pas publié. Je ne les trouvais pas
intéressants. En fait, je ne me trouvais pas intéressante. Je ne savais plus.
Ben voyons, Jennifer, allez! …Rembarque
sur le bicycle. Mais le allez! n’arrivait pas. J’avais peine à savoir ce qui
m’avait tant affecté dans ce projet semi-avorté. Et je demandais bien quand
est-ce que je retrouverais mon
« spling » et en fait,
si je le retrouverais.
Puis, un matin en arrivant à la grange, je
vois mon chat Jean-Claude (voir photo). Il encore accroupi près de la boîte de nourriture
des chevaux, à attendre depuis 2 jours la fameuse souris qui vient y faire des
provisions. Il sait qu’elle est là. Il l’attend. Deux jours qu’il est là à chasser (vous me
direz peut-être qu’il n’est pas très doué, c’est vrai. Que voulez-vous ça ne
fait pas longtemps qu’il apprend le métier de chat !). Je viens alors de comprendre pourquoi j’ai
perdu mon « spling ».
Parfois, on cherche loin et la réponse nous
pend au bout du nez. Cette fois, en fait, comme ça m’arrive souvent, ce sont
les animaux qui me rebranchent, qui me ramènent, qui me donnent la leçon et me
font comprendre ce que mes yeux d’humain ne voient plus.
De les voir être eux-mêmes, sans jamais
perdre leur nature me ramènent sur mon bicycle.
De voir mon cheval brouter l’herbe à cœur
de jour, mes poules chercher les insectes sous les feuilles, mes chiens courir
après les écureuils, mes chèvres se coucher dans une pente très inclinée et non sur la
belle plate-forme que je leur ai préparée, voilà la nature qui parle. Voilà la
nature qui reste ce qu’elle est et qui garde son « spling ».
Et vous, ça vous arrive vous de perdre
votre « spling », de vous perdre, de ne plus savoir où vous en êtes
et sur quelle route vous êtes? Les animaux vous ont-ils déjà fait remonter sur
votre bicycle?
